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APPELS A TEMOINS

 

 

Qui sont Jean d'Orléans et Louis de Bourbon, les prétendants au trône de France ?

 

Ils sont descendants de Louis XIV, pour l'un, et de Louis-Philippe, pour l'autre. Louis de Bourbon et Jean d'Orléans se revendiquent chacun comme étant l'héritier légitime de ces rois.

 

Albert II de Monaco, la reine Sophie d'Espagne, le prince Hassan du Maroc, l'ancienne impératrice d'Iran Farah Pahlavi… Ces têtes couronnées sont réunies, samedi 2 février 2019, pour rendre un dernier hommage à Henri d'Orléans, comte de Paris, mort douze jours plus tôt à l'âge de 85 ans. Plus de 400 personnes, membres de l'aristocratie française et européenne, bravent un froid glacial pour assister à la cérémonie en la chapelle royale Saint-Louis de Dreux (Eure-et-Loir) des funérailles d'Henri d'Orléans à Dreux (Eure-et-Loir).

Contrairement à ce qui pourrait se passer en Espagne ou en Angleterre en cas de décès royal, la nouvelle de sa mort n'a pas frappé les esprits en France, où la monarchie a disparu de longue date. Mais si tant de membres du gotha sont venus se recueillir ce jour-là à Dreux, c'est parce que le défunt n'est pas un aristocrate comme un autre. Henri d'Orléans était prétendant au trône de France, héritier direct de Louis-Philippe Ier, le dernier roi des Français, qui a régné de 1830 à 1848. De nombreux monarques et personnages illustres, dont Philippe d'Orléans, le frère cadet de Louis XIV, figurent parmi ses ancêtres. Quelques heures avant les funérailles, le quatrième de ses cinq enfants, Jean, 53 ans, a annoncé qu'il prenait la relève. "En ce jour où mon père Monseigneur le Comte de Paris rejoint la nécropole royale de Dreux.."

 

Un ancien banquier devenu forestier

Quelques jours plus tard, le nouveau comte de Paris reçoit franceinfo au domaine royal de Dreux, où il habite depuis 2011. Un bonnet bleu marine enfoncé jusqu'aux oreilles, le "prince Jean d'Orléans" vient en personne ouvrir la grille, accompagné de son gros chien noir. Un chemin mène à la demeure où il réside avec sa femme et ses cinq enfants. Des jouets traînent devant la porte d'entrée. A l'intérieur, ni personnel de maison ni courtisans. Philomena de Tornos y Steinhart, issue de l'aristocratie autrichienne et espagnole, que Jean d'Orléans a épousée en 2009, nous propose un café. "Un grand ou un petit ?" demande-t-elle avec un léger accent. Dans la pièce d'à côté, les enfants s'esclaffent devant La Folie des grandeurs de Gérard Oury, avec Louis de Funès et Yves Montand.

 

Les traits tirés, le bonnet toujours vissé sur la tête, le comte de Paris reçoit dans un petit salon, avec vue sur les toits de Dreux. Assis dans un fauteuil de cuir marron, il évoque ses longues études (maîtrise de philosophie et de droit, MBA en administration des affaires en Californie), son service militaire, mais aussi les grands sujets de société. Après dix ans passés dans le secteur bancaire, chez Lazard et à la Banque populaire, puis dans le conseil chez Deloitte & Touche, Jean d'Orléans se consacre aujourd'hui à l'exploitation des 2 500 hectares de la forêt du Nouvion-en-Thiérache (Aisne), héritée de sa grand-mère paternelle.

Le couple est décrit comme "très catholique et très spirituel" par l'animateur Stéphane Bern, spécialiste des têtes couronnées, qui a côtoyé la famille d'Orléans. Il dépeint Philomena d'Orléans comme "très marrante, brute de décoffrage et très naturelle". "Elle parle aux gens, va au marché, ils élèvent des poules et des oies dans l'enceinte du domaine royal", énumère-t-il. D'après lui, leur entourage les qualifie souvent de très "accessibles". Ils ont un côté écolo et simple. La princesse fait elle-même le pain au levain.

 

Philomena et Jean d'Orléans sont engagés dans un programme de la ville de Dreux "pour permettre aux jeunes de s'enraciner dans leur histoire à travers le patrimoine". Chaque année, ils reçoivent une dizaine de groupes scolaires pour une présentation de l'histoire de Dreux ainsi qu'une visite du domaine et de la chapelle royale.

 

Leurs enfants, eux, sont scolarisés à la maison. "Les écoles à Dreux ne nous convenaient pas tellement", murmure le comte. Seul l'aîné, Gaston, 9 ans, est en pension dans le sud de la France, d'où il revient tous les quinze jours. "Ils sont très proches de leurs enfants, raconte une commerçante de Dreux, qui tient une armurerie avec son mari. Elle, elle fume sa cigarette, et elle m'a déjà demandé un jour si elle pouvait m'emprunter un sac d'aspirateur !" Décrits comme "éduqués" et "sympathiques", les époux semblent très appréciés des habitants. "On parle d'eux dans le journal et le prince Jean participe aux fêtes du village", ajoute l'armurier.

 

Louis de Bourbon, le jet-setteur

Jean d'Orléans n'est pas le seul à se revendiquer héritier des rois de France. De l'autre côté des Pyrénées vit son lointain cousin, Louis de Bourbon, né en 1974. Descendant direct de Louis XIV par la branche des Bourbons d'Espagne, il porte le titre de courtoisie de duc d'Anjou.

 

La vie de ce duc franco-espagnol au physique de play-boy, animé d'une ardente foi catholique, se partage entre Madrid, les Etats-Unis et Caracas, capitale du Venezuela. "C'est un jet-setteur, il voyage beaucoup", raconte Philippe Delorme, historien et journaliste spécialiste des familles royales. Cet arrière-petit-fils du général Franco du côté maternel, surnommé "Louis XX" par ses partisans, est marié depuis 2004 à Maria-Margarita Vargas Santaella, riche héritière vénézuélienne. Ils vivent dans un appartement d'un quartier chic de Madrid et ont quatre enfants, dont le dernier, Henri de Jésus, est né le 1er février dernier.

 

Bien qu'il appartienne à une vieille lignée royale, Louis de Bourbon n'est pas rentier mais banquier. Il a travaillé chez BNP Paribas avant de devenir vice-président de la banque vénézuélienne Banco Occidental de Descuento, propriété de son beau-père. Comme Jean d'Orléans, il assure subvenir lui-même aux besoins de sa famille. Je n'ai pas de fortune personnelle ni de château. Quand je vais à Paris, je loge chez ma mère, qui vient d'acheter un petit appartement, ou chez des amis.

 

Un héritage parfois encombrant

"C'est un héritage culturel que je porte, ce n'est pas moi qui l'ai choisi, déclarait Louis de Bourbon à la chaîne catholique KTO en janvier 2017. Mais je me sens bien et je suis fier de le porter."

 

Car même en l'absence de fonction officielle, Louis de Bourbon est amené à participer aux cérémonies officielles et aux anniversaires. Dernier événement en date à Paris : la commémoration de la mort de Louis XVI, le 21 janvier. Il assume ainsi des "tâches dynastiques" qui l'amènent à avoir "moins de week-ends que les autres". "C'est une famille comme les autres, mais qui ne l'est pas non plus, parce qu'il y a cet héritage-là", expose de son côté Jean d'Orléans, à qui son entourage nous conseille d'ailleurs de donner du "Monseigneur". Un héritage qui n'a pas toujours été facile à porter. A la Sorbonne où il étudiait, le comte a dû faire face au "parti pris", selon lui, de la part des professeurs. "Les copies n'étant pas cachetées, cela m'a apporté quelques difficultés, notamment en sciences morales et politiques", se souvient-il.

 

Durant son service militaire, le capitaine de son régiment a "voulu savoir ce qu'[il] valait", relate-t-il. L'expérience s'est bien terminée, "mais il fallait toujours, dit-il, que je sorte de ma réserve pour montrer ce dont j'étais capable". Il raconte, amusé, avoir voulu être "agent secret". Une vocation difficile à concilier avec la vie d'un héritier au trône de France.

 

Pour Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, cousin des deux héritiers, être membre d'une famille royale suppose "un devoir d'exemple". "Nous essayons de vivre en suivant les règles de nos familles et les devoirs qui nous incombent". Proche des deux prétendants au trône, il a choisi Louis de Bourbon comme parrain de sa dernière fille. Pour lui aussi, porter le nom Bourbon n'a pas que des avantages. Evoquant une forme de "discrimination", il raconte qu'on "bousculait [ses] enfants à ce sujet". "Cela dit, c'est très pratique pour réserver au restaurant !" plaisante-t-il.

 

"C'est une famille peut-être un peu plus grande que d'autres parce qu'elle déborde sur une bonne partie de tous les pays d'Europe", avance Axel de Sambucy, cousin du comte Jean. Il se présente lui-même comme un "modeste tenancier d'établissement" à Marrakech. "Peu de gens savent qui je suis vraiment", confie l'aîné de Chantal d'Orléans, sœur d'Henri d'Orléans.

 

Orléanistes contre légitimistes

Les deux prétendants au trône de France sont suivis par plusieurs milliers de personnes sur les réseaux sociaux : plus de 9 000 internautes sont abonnés à la page Facebook du "prince Jean de France". Louis de Bourbon en compte, lui, plus de 100 000. Parmi eux, des monarchistes de cœur, des admirateurs, des royalistes convaincus, de droite comme de gauche.

 

Qui dit deux prétendants dit deux camps de partisans : pour les orléanistes, majoritaires, le comte de Paris est l’héritier du trône de France ; pour les légitimistes, c'est Louis de Bourbon. "J'estime que [la monarchie] est le système de représentation de l'Etat le mieux adapté". Mais, "réaliste", il reconnaît que "ce n'est pas aujourd'hui une éventualité envisageable". le chef de la Maison d'Orléans se voit plutôt aujourd'hui comme un "facilitateur" dans la réalisation de certains projets, comme dans le domaine du patrimoine.

 

Je prends au sérieux tous ceux qui me sollicitent, mais je ne les laisse pas prendre le pas sur le rythme que je me suis donné.

 

En 2009, il avait accordé un entretien à Fabrice Madouas, paru ensuite sous la forme d'un livre, Un prince français (éd. Pygmalion), lequel avait un air de programme politique. Le "prince" a aussi récemment pris la plume pour défendre la cause des "gilets jaunes". "Comment demander aux Françaises et aux Français des sacrifices, lorsqu'ils n'ont plus confiance dans leurs élites ? Comment se projeter dans l'avenir s'il n'y a pas de vision à long terme ? Comment réunir la population autour d'un projet commun lorsqu'on est l'élu d'une partie de la France contre l'autre ?" s'interrogeait-il sur son site internet.

 

"Il ne faut pas que je parte trop dans des considérations politiques", nous dit pourtant avec prudence Jean d'Orléans. Il évoque le cas de son grand-père, Henri d'Orléans, très investi dans certaines causes. Comme l'explique Stéphane Bern, ce comte de Paris-là, mort en 1999, était connu pour ses positions orientées à gauche. Une situation qui a amené certains royalistes à se tourner vers la branche espagnole des Bourbon. Le courant légitimiste a repris de l'ampleur dans les années 1960-1970 (...) ce qui a redonné de la force à Alphonse de Bourbon, puis à son fils Louis.

 

A la question d'un possible retour à la monarchie, Jean d'Orléans répond : "On ne sait jamais, tout est toujours possible. Cela paraît assez loin, mais si les Français ont gardé un cœur monarchiste, la raison reste républicaine." Il imagine tout de même un scénario : "Cela peut se faire sans obligatoirement revenir à la royauté. Mais le comte de Paris pourrait avoir une position établie dans la société. Cela peut être un prince, dont on aura défini le cadre d'intervention comme on en trouve dans les monarchies des pays de l'Est, ou en Roumanie, qui n'est pas une monarchie, mais où la famille royale a une place de premier choix."

 

Quant à Louis de Bourbon, il se dit "partisan d'une monarchie républicaine où le roi règne et ne gouverne pas", selon Daniel de Montplaisir, biographe et historien des Bourbon. "Ce n'est pas à moi de me représenter, mais ce sera aux Français de vouloir ou non un représentant monarchique". Le roi est au-dessus des partis, comme un arbitre lors d'un match de foot ou de rugby.

 

Récemment il a pris la parole pour commenter la crise des "gilets jaunes". "Les Français ont été un peu abandonnés et le gouvernement n'a pas pris les bonnes mesures ou n'a pas su expliquer les mesures qu'il a prises, et n'a pas pris en compte la population". Si les royalistes des deux camps se jettent leurs prétendants respectifs à la figure, Jean d'Orléans assure entretenir des "relations courtoises" avec son cousin éloigné. Il raconte ainsi lui avoir envoyé un SMS pour le féliciter de la naissance de son dernier enfant. "Il a cherché à me joindre pour les obsèques de mon père, donc on s'est rappelés", ajoute-t-il. "Ils ne sont pas amis, ils se connaissent peu, mais quand ils se rencontrent, les choses se passent normalement", commente l'historien Philippe Delorme.

 

Selon lui, la brouille entre orléanistes et légitimistes est surtout une "querelle d'intellectuels ou d'historiens", même si des tensions persistent. Si les relations sont polies entre les deux branches, Jean d'Orléans tient à marquer sa différence avec Louis de Bourbon. "Nous, on a choisi d'être en France, on y travaille (…). On est associés aux heures heureuses et aux malheurs du pays depuis 987."

 

 

 


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