Le mot du Président

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du mois d'avril 2019

Se souvenir pour ne pas oublier...

 

Les stèles et monuments érigés en hommage aux gendarmes et militaires décédés en service commandé, que l’on  honore en toute simplicité, sont là pour nous dire : Souviens-toi !  Pas de haine, pas de regrets, mais n’oublie pas !

 

Entretenir la mémoire de nos pères, de nos frères, de nos fils, de tous ceux qui ont servi jusqu’au sacrifice suprême, est un devoir de reconnaissance et de justice qui doit leur être rendu. Les morts ne parlent pas, mais dans le récit de leur vie, dans le récit de leur histoire, nous retrouvons leurs souffrances, leurs luttes, leurs pensées, leurs espérances et ce qu’ils ont encore à nous dire. À la violence, ils nous ont légué une manière d’être, celle du devoir accompli, celle d’Hommes d’Honneur. C’est cela que nous devons retenir pour en tirer des orientations positives pour notre action présente. En cultivant leur mémoire, ils continuent d’agir indirectement, par notre intermédiaire, sur l’histoire d’un pays, car le passé vit dans le présent.

 

La connaissance de ce passé nous est nécessaire pour aller de l’avant.  Elle nous permet de retourner aux sources. Elle nous apprend à voir clair dans notre présent pour mieux appréhender l’avenir. Elle nous dit le long combat que nous avons encore à mener pour que triomphent, ici, comme ailleurs, le droit et la paix. Un peuple qui n’honore pas ses morts n’a plus d’avenir. D’autres viendront, qui progressivement prendront la place des amnésiques, et ne coloniseront pas que ses cimetières… Car tout se tient.

 

Honorer nos morts, ceux que la fatalité a jeté sur cette terre calédonienne, terre qu’ils ont ensemencée au prix de leur sueur et de leur sang, est un devoir de mémoire. La mémoire est la base même de notre identité. Elle est nécessaire à tout individu et à toute collectivité. Le souvenir du passé peut être source de nostalgie, de regret, de rancœur, mais il est aussi synonyme de devoir et de pardon.

 

Le pardon n'est pas en deçà de la vengeance, il est au-delà de la vengeance. Hommes empreints de liberté, de justice, et d'égalité, nous croyons que le pardon porte plus de vie et d'espérance que la vengeance. En ne pardonnant pas, nous resterions prisonniers de l'offense. Prisonniers de ceux qui nous ont offensés. Mais peut-on pardonner sans oublier ?

 

Oui, pardonner et se souvenir, n'est pas incompatible. Chaque fois que je me recueille devant la stèle de Fayaoué, moment de tristesse et d’émotion, je ne peux que lier le souvenir de quatre de ces six hommes à celui des vingt et un autres militaires de la Gendarmerie décédés dans des conditions quasi similaires et l’unir à celui des militaires et civils morts aux cours des insurrections qui ont ensanglanté le pays en 1867 – 1878 – 1917 et 1984.  Quoi que l’on puisse penser, ces morts, européens, canaques, et autres, méritent notre respect.

 

Qui que nous soyons, calédoniens originaires d’ici ou d’ailleurs, en ce trente et unième anniversaire d’événements qui ont déchiré, une fois de trop, notre archipel, gardons en mémoire que tous nous avons une dette imprescriptible, une obligation morale, envers eux, celle de conduire un jour ce pays vers un destin commun dans la paix et le respect de tous ses habitants.  Sachons quitter cette voie trop dualiste du bon et du méchant pour élever notre esprit et vivre au-delà de l'ignorance et de la bêtise.

 

Vive la Gendarmerie, vive la Nouvelle-Calédonie.

 

 

Bernard GAUDEL

Président de l'UNPRG-NC-V

 

 

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